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réussir ses semis au presse motte

Réussir ses semis, c’est la base du jardinage pour vous assurer une bonne saison de récolte sans vous ruiner. Les jardineries l’ont d’ailleurs bien compris et proposent tout un tas de plantes déjà prêtes à être repiquées. Le presse-motte est un outil quasi indispensable si vous souhaitez produire de nombreux plants à repiquer dans votre jardin en permaculture. Ce petit outil au mécanisme simple permet de faire de nombreuses choses impossibles comparé à  la production de semis en pots…

C’est d’ailleurs pour toutes les raisons que je vais vous décrire que les jardineries emploient des mottes au lieu de pots pour vous fournir vos précieuses salades. C’est qu’il y a forcément des avantages…et aussi quelques trucs à connaitre. C’est parti pour un petit condensé d’infos sur l’emploi du presse-motte.

 

Le presse motte : à quoi ça sert ?

Pour semer une graine, il vous faut un support dans lequel votre graine pourra germer et votre plante pousser avant d’être repiquée.

La plupart des gens utilisent des pots en plastique ou en terre cuite pour les plus écolos.

Le presse-motte pourrait vous sembler gadget dans un premier temps. Il est en effet facile de faire un semis en pot. Mais ne vous trompez pas, le semis en pot a cependant aussi de nombreux désavantages.

Grâce au presse-motte, on peut réaliser un support pour ses semis sans employer d’autre matériaux que du terreau (et d’autres bricoles naturelles dont je parlerai plus bas).

C’est donc 100% biodégradable : gros avantages en cas de semis raté (dieu sait qu’un semis n’a jamais 100% de chance de lever), on ne gaspille pas de pot plastique fendillé pour rien.

Petite parenthèse : la première raison d’un semis raté est que l’on est jamais certain de la validité de la graine. Regardez donc bien la date de validité de la graine et notez les dates sur vos paquets faits maison.

6 avantages des semis en motte par rapport aux pots

Pas de déchet plastique

Le plus évident : la motte ne produit aucun déchet.

Pas besoin de pots, donc moins de frais, moins de poubelles….moins d’ennuis

Un gain d’espace incroyable avec les mottes

Deuxièmement : le gain de place dans vos bacs à semis…

Avez-vous déjà essayé de placer 60 pots dans un bac à semis de 40 cm x 40 cm ? J’ai testé pour vous, et devinez quoi : c’est impossible.

Avec des mottes, on peut facilement semer 90 pieds prêts à repiquer dans un bac de 40 cm de coté. Multipliez ça par la place totale dont vous disposez chez vous et la différence est gargantuesque… Et en poussant un peu le vice, il est très facile de monter à 100 mottes par bac.

Pour se rendre compte de l’intérêt de ce gain de place : je vous propose une mise en situation…

Chez nous, nous semons en serre froide, sur 6m de longueur.

Rapide calcul : sur 6 m : 18 bacs de semis x 90 mottes

1620 mottes peuvent donc être semées en simultané dans notre petite serre de 6 m.

Comparatif avec les plus petits pots : 30 pots max (et vraiment pour les plus petits pots) par bac dans des conditions idéales.

En sachant que l’on ne dispose pas toujours des tailles de pots adéquates, et qu’il faut souvent mélanger les pots ronds et les carrés, le chiffre réel est plus proche de 20 pots par bac.

Soit 360 pots ultra max en se basant sur 20 pots par bac de semis sur une longueur de 6M.

Avec le presse-motte, on explose notre ratio gain de place par un facteur 4, c’est gigantesque .

Une germination plus rapide

La motte étant plus petite qu’un pot, le terreau se réchauffera beaucoup plus vite que ce dernier.

La masse de terre à réchauffer diminuant de 30 à 40% par rapport au pot, on peut constater qu’une plante en motte poussera un peu plus vite que sa voisine grâce à ce gain de chaleur non négligeable. Au mois de février-mars et en serre froide , cette différence est absolument cruciale pour favoriser la réussite de vos semis précoces.

Une économie de terreau

Le terreau étant compacté dans la motte dans un espace beaucoup plus restreint, on économise en moyenne 30 à 40 % de terreau par rapport à un semis en pots.

Un gain d’eau

Comme nos mottes sont plus densément compactées que de la terre en pot, l’eau arrive plus vite aux racines de la plante, la motte étant moins haute qu’un pot. Le seul inconvénient, c’est que la motte est un peu plus sensible à la sécheresse vu que sa réserve d’eau est moins grande.

Il faut donc bien veiller à ce que les mottes soient toujours légèrement humides (c’est pareil pour les pots). Pour cela, verser un tout petit peu d’eau de façon journalière dans votre bac à semis.

Le plus gros avantage de cette façon de faire est que comme vous devez surveiller un peu plus que des semis en pots, vous verrez beaucoup plus vite si vos plantes se portent bien ou pas… l’observation en est facilitée…

Une plante en meilleure santé

Une plante en pot aura tendance à faire tourner ses racines à l’intérieur de son pot. Rien de plus mauvais pour épuiser la plante et empêcher sa future mise en place.

Une plante en motte fera sortir ses racines directement hors de la motte. La disposition des racines est donc plus propice à un repiquage réussi et à un démarrage du plant dans de bonnes conditions.

Quelle graine pour quel presse-motte ?

On trouve globalement deux formats pour les presse-mottes, principalement liés à la taille de la graine qui y sera semée. Les 38 ou 40 mm et les 50 mm.

Le presse-motte plastique de 4cm

On le trouve un peu partout pour quelques euros. Soyons franc : je ne vous le recommande vraiment pas.

La raison principale est la durabilité de ce type de produit… Au bout de 500 utilisations, que restera-t-il de votre presse-motte ? Pas très permacole tout ça…

Alors oui, ce n’est pas cher en apparence, mais quel est le cout réel pour l’environnement (et votre porte feuille si vous devez le racheter constamment) de ce type de produits ? à bannir donc.

Le presse motte de 38 mm

En acier galvanisé et assez facilement trouvable, c’est le plus employé.

Il permet de réaliser 5 mottes à la fois avec un petit évidement en son centre pour semer directement la graine.

Ce format convient très bien pour les salades, les choux, les betteraves, les amarantes, etc.. bref, les petites graines.

Pour les courgettes et potirons, il faut passer au modèle supérieur en calibre.

Le presse-motte de 50 mm de côté

En acier galvanisé, il permet de faire 4 mottes à la fois.
Pour semer les grosses graines comme le potiron, les courgettes, les concombres, le kiwano.

Notez que ces graines ne supportent pas le repiquage à racine nue (sans terre donc). Il vous faudra donc garder les mottes entières avant de les repiquer, et sans les casser. Cela demande un peu plus de pratique que pour les salades et les choux qui feront pousser leurs racines plus vite et consolideront la motte par eux même. Avec les courges, c’est un peu plus délicat.

Trucs pour réaliser une motte

Quelle matière employer pour confectionner ses mottes ?

Les entreprises vous recommanderont de semer dans un mélange de terre et de sable. 30 % de sable et 60% de terre

Je n’ai pas testé (faute de sable dans mon terrain).

Nous réalisons les mottes directement dans du terreau acheté en jardinerie.

Pour ce faire : il est possible de tamiser le terreau afin d’enlever les morceaux de végétaux non décomposés et “d’optimiser” ses mottes.

Je ne l’ai jamais fait, et ça marche très bien avec du simple terreau non tamisé.

Étape 1 : humidifier le terreau

Disons plutôt noyer ou détremper.

Vous devez vraiment mettre BEAUCOUP d’eau dans votre tas de terreau.

Pour ce faire, je remplis un bac à semis de terreau sec, et je verse tout un arrosoir de 10l dans mon bac. En plein hiver, le petit truc, c’est de verser un arrosoir d’eau tiède afin de ne pas se congeler les mains dans de l’eau glacée 🙂

Il ne reste plus qu’à malaxer votre terreau avec l’eau jusqu’à obtenir un gloubiboulga du plus bel effet (vous noterez au passage la magnifique référence à Casimir.)

Étape 2 : presser les mottes

Technique 1 : bourrer les trous du presse-motte à la main.

Le truc, c’est de bien compresser le terreau jusqu’en haut avant d’extraire la motte. Pour ça: ne pas hésiter à bien pousser avec les doigts dans le fond de chaque trou.

Cette technique est un peu chronophage, mais offre de bons résultats pour la tenue de vos mottes.

Technique 2 : pousser le presse motte dans votre terreau

Dans votre tas de terreau bien humide et surtout bien épais (20 cm), enfoncer le presse-motte directement et appuyer fortement vers le bas. Sortir le presse-motte et racler l’excédent avec un couteau afin de former le côté plat de la motte.

La clef pour cette technique, c’est de s’appuyer sur le support métallique plus large de votre presse motte afin de faciliter une forte pression dans votre tas de terreau. Ne vous appuyez pas sur la poignée à ressort servant à l’éjection de la motte car vous manqueriez crucialement de force, et votre motte se désagrégera en 2 temps 3 mouvements.

Cette seconde technique est BEAUCOUP plus efficace que la première. Je réalise 90 mottes en 10 minutes grand MAX.

Étape 3 : extraire les mottes

Le plus fun, et aussi le pus délicat.

C’est à cette étape que l’on casse le plus souvent ses mottes.

Pour extraire la motte, presser la poignée d’éjection DÉLICATEMENT à 2 cm de hauteur de votre futur bac. Éjectez directement les mottes dans leur futur emplacement.

A ce stade les mottes restent fragiles, c’est tout à fait normal, car ce sont les racines de votre futur plant qui vont consolider la motte avant son repiquage.

Réussir ses semis au presse-motte : les trucs à connaitre

Tout d’abord : ne réalisez pas vos mottes trop à l’avance. En les laissant sans graine, elles se désagrégeront très vite.

Ensuite : gardez les TOUJOURS humides.

Une motte aura tendance à sécher beaucoup plus vite qu’un pot, et si cela arrive, votre semis est FOUPOUDAVE (foutu pourri d’avance)

Ne mettez pas trop d’eau car votre motte va se décomposer.

Arroser un peu à la fois et souvent. C’est le mieux.

N’arrosez surtout JAMAIS par le dessus, car vous allez casser les mottes et noyer les graines. Arrosez dans le fond du bac à semis.

Ensuite : semez 2 graines par mottes. Une seule graine semée augmente fortement vos chances de vous retrouver avec des mottes stériles. Les graines ne sont pas toujours toutes bonnes. Autant s’en prémunir.

Plus de 2 graines et la motte s’étouffera plus volontiers (sauf pour certaines variétés, mais on verra ça plus tard).

Une fois les graines dans les mottes, saupoudrez très légèrement avec du terreau sec. J’insiste sur le LÉGÈREMENT. Plus la graine devra lever au travers d’une couche épaisse de terreau et plus ce sera difficile pour elle. Cependant, les graines ont besoin d’être dans le noir pour germer, donc veillez bien à recouvrir les graines de suffisamment de matière.

C’est quasiment tout ce que vous devez savoir comme technique pour réussir vos semis au presse-motte.

Une fois les semis levés et suffisamment grands, il ne vous restera plus qu’à les repiquer directement dans votre paillage ou votre mulch.

Je parlerai des spécificités de levées propres à chaque graine (température nécessaire à la levée et temps de germination) dans un autre article.. si ça vous dit …


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    10 replies to "Trucs pour réussir ses semis au presse-motte"

    • Olivier

      Excellent article ! Je ne savais même pas que ça existait un presse mottes… Merci 🙂

      • Xavier de permamania

        Merci pour ton message Olivier. N’hésites surtout pas si tu as des questions concernant la permaculture et le jardinage naturel.

        Je suis en train de rédiger une liste de sujets à traiter sur le blog, et je serai ravi de répondre à tes questions si tu en as…

    • georges

      Bonjour Xavier
      Super sujet sur ces mini mottes pour semis de salades…….j’ai essayé une fois d’en faire mais tout c’est dégradé…..je ne savais pas qu’il fallait volontairement noyer le terreau…….merci pour vos explications.
      je vous tiendrai au courant si je réussis mes semis en mini mottes .
      cordialement …..georges

    • […] – Le sol n’aura pas besoin de préparations minutieuses telles que le labour ou le sarclage. Il suffira de terreau de qualité afin de concevoir des mottes suffisamment humides et émiettées, adaptées aux jeunes plants. En permaculture, il est plus facile et plus régulier de réussir ses semis au presse motte. […]

    • francoise paquet

      Reste à tester. Le presse motte vient d’arriver par le poste
      Grand merci pour ces précieux conseils

    • […] façons existent pour faire la culture des semis, mais le semis en motte est une technique de plus en plus utilisée parce qu’elle est économique et […]

    • […] et permet au végétal de pousser dans de meilleures conditions. L’article de Permaculture Mania explique tous les avantages de la motte en […]

    • Catherine

      Bonjour
      Il semblerait que l’on puisse faire ses mottes sans presse mottes.
      Dans un cageot, pressé le terreau humide très fortement.
      Découper des parts comme un gâteau mais avec une truelle (plâtre), avec un crayon petit trou pour graines.
      Ensuite tremper cageots dans bas haut.
      MAIS APRÈS ON EXPLIQUE JAMAIS QUOI FAIRE 🥴
      Vous en pensez quoi ?

    • Catherine

      Dans bac d’eau

    • raymond

      salut l’ami ,sujet tres interessant que le presse mottes,une chose m’intrigue cependant,voila je prend un tres bon terreau special mottes “bio pogrond” qui est tres bien ,j’y ajoute de la vermiculite et j’obtiens de tres jolies mottes solides ,mais voila le resultat n’est jamais le meme que les pros que ce soit choux oignons,poireaux,salades,bettes ,betteraves rouges,les plants ne sont jamais aussi beaux,qu’en penses tu connais tu les trucs des pros ,si oui aurais tu la gentillesse de nous les communiquer,merci

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