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Favoriser la biodiversité est, avec la création de la fertilité naturelle du sol, une clé fondamentale d’un jardin potager en bonne santé.

Dans les milieux naturels, la monoculture n’existe pas. La luxuriance et la résilience des écosystèmes sont directement liés à leur diversité et à la complexité des interactions entre tous les éléments et individus du système. Il en est de même pour le jardin potager en permaculture : sa santé est directement liée à la diversité.

Et puis, il faut bien le dire. Cultiver ses légumes, c’est déjà gratifiant. Mais cultiver ses légumes au centre d’une petit paradis qui grouille de vie, cela donne une toute autre dimension à nos actions et une satisfaction encore bien supérieure.

La biodiversité participe aussi à la résilience alimentaire. Si j’ai planté plein d’espèces différentes et que je perds une espèce à cause d’une maladie ou d’un bioagresseur, il me reste toutes les autres espèces. Si j’ai planté un seul légume et qu’une maladie arrive, elle pourra très facilement tout décimer et il ne me restera plus rien à récolter.

On commence aujourd’hui à étudier et à reconnaître l’impact de la biodiversité sur la santé et la résilience des cultures.

On a constaté que :

  • Au plus un écosystème est artificialisé et perturbé, au plus les ravageurs sont nombreux et nocifs. Les agriculteurs entrent alors dans une spirale infernale : au plus ils interviennent sur les agrosystèmes qui sont alors artificialisés, au plus ces agrosystèmes sont vulnérables aux ravageurs et maladies, au plus les interventions doivent être fréquentes et agressives …
  • Au plus les cultures sont conduites dans un environnement aussi naturel que possible (en équilibre dynamique stable), le moins perturbé possible, et connecté par des couloirs de biodiversité à des réserves de biodiversité,
    au moins elles sont susceptibles d’être attaquées par les ravageurs et les maladies

Ne pas utiliser de produits phytosanitaires ni d’engrais chimiques

Même au risque de perdre une culture, nous vous déconseillons d’éviter d’utiliser les produits phytosanitaires.

Dès que vous faites une intervention agressive sur votre jardin, vous créez un déséquilibre. Et à chaque fois que vous faites une nouvelle intervention, vous empêchez l’équilibre naturel de se restaurer. Vous empêchez également une solution potentielle d’arriver.

Par exemple : Certaines plantes de votre jardin sont ravagées par une larve d’insecte. Et le prédateur de ces larves est lui-même un autre insecte. Si vous utilisez un insecticide pour vous débarrasser des nuisibles, vous tuez également la possibilité que le prédateur s’installe et régule naturellement le ravageur. Vous restez dépendant de l’insecticide.

Les produits phytosanitaires tuent la biodiversité de nos jardins naturels, empêchant ainsi la résilience du système de s’installer avec le temps.

Planter des arbres et des fleurs qui peuvent nourrir les insectes et/ou les oiseaux

Évitez de planter des variétés ornementales. Celles-ci ont été sélectionnées pour leur caractère esthétique mais ont le plus souvent perdu leurs fonctions nutritives pour les insectes (pollen et nectar) et les oiseaux (baies).

Les fleurs mellifère permettent de favoriser la biodiversité au jardin
le syrphe se délecte du nectar de la centaurée

Choisissez de préférence des arbres et plantes mellifères (pour les insectes pollinisateurs) et/ou des arbres à baies (pour les oiseaux)

Planter diversifié

Planter aussi des espèces à floraisons précoces et à floraisons tardives

Les plantes à fleurs qu’on trouve en abondance en jardinerie au début de printemps sont souvent à floraison estivale. Vous savez donc facilement attirer les insectes auxiliaires et favoriser la biodiversité pendant cette période. Cependant, les deux périodes où les insectes (indispensables à la pollinisation) sont plus en difficulté sont la sortie de l’hiver et l’arrivée de l’automne. C’est là qu’il ne faut pas oublier de leur fournir ce dont ils ont besoin

plantations diversifiées au jardin afin d'élever les variétés de biotopes
Ici le poirier qui fleurit au printemps cotoie les amarantes d’été

Il faut donc prévoir certaines plantes :

  • à floraison précoce : noisetier, crocus, muscari, … et laisser les premières plantes sauvages de printemps dans les jardins (comme le lamier pourpre, les pissenlits, par exemple)
  • à floraison tardive : des arbres tels que le tilleul et les lianes comme le lierre, les fleurs comme les asters et les cirsiums

Varier les familles de végétaux pour favoriser la biodiversité

Les différentes espèces d’insecte ont des préférences en ce qui concerne la morphologie des fleurs. Par exemple, les bourdons et certaines espèces d’abeilles aiment les fleurs à corolle longue. D’autres petites abeilles solitaires adoreront la corolle courtes des soucis ou des pissenlits, beaucoup de coléoptères aimeront plutôt les ombelles, etc …

varier les familles de plantes au jardin permaculturel
Au premier plan, des agastaches très mellifères associées au potager. A l’arrière plan, des alliums d’été et dans le fond des arroches montées en graines qui resteront en place pour les oiseaux.

Or, pour la consommation humaine, on va souvent trouver beaucoup d’espèces de plantes de deux familles : les rosacées (tous les arbres fruitiers, les aubépines, les églantiers, …) et les lamiacées (quasiment toutes les plantes aromatiques les plus connues).

Pensez à installer d’autres familles de végétaux afin d’offrir le gîte et le couvert à tous les insectes qui pourraient passer par chez vous).

aster et topinambour , les aster nourrissent les insectes , les topinambour nourrissent les hommes
Une aster en fleur au pied des topinambours eux même situé au pied d’un érable abritant le poulailler

Un petit truc ici pour attirer les coccinelles : Faire pousser des féveroles très tôt dans la saison (février-mars). Celles-ci vont attirer les pucerons. Lorsque les coccinelles sortiront de l’hiver, ces redoutables prédateurs auront alors de la nourriture à profusion et pourront s’installer confortablement. Quand elles auront dévoré les pucerons des féveroles, elles iront débarrasser les autres légumes de leurs parasites.

Planter des arbres à feuillage persistant ou marcescent

Les plantes à feuillage persistant ou marcescent offrent un abri aux animaux pendant la saison froide.

Chez nous, c’est sûr que le choix reste assez restreint. En gros, le houx et le lierre pour le feuillage persistant et le hêtre et le charme pour le feuillage marcescent.

Laisser des zones non exploitées

  • Si vous avez un grand terrain, vous pouvez laisser une ou plusieurs grandes zones sauvages, dans les endroits les plus éloignés de votre habitation
  • Si vous avez un petit terrain, vous pouvez avoir une ou plusieurs petites (micro) zones sauvages

Dans notre jardin, les 10 derniers mètres sont complètement sauvages. Nous ajoutons également des petites zones qui ne sont jamais tondues au centre des allées de pelouse rases ( 1 m de large x 3 m de long, plus petit cela fonctionne aussi) .

Pratiquer la tonte différenciée et laisser herbes et fleurs sauvages dans certaines parties du gazon

verdier mangeant des graines de pissenlits dans un parterre à tonte différencié
le verdier se nourrissant de graines de pissenlit dans notre gazon à tonte différenciée

Plutôt que d’avoir de grandes étendues d’herbe qui sont un véritable désert pour la faune sauvage, vous pouvez décider de tondre uniquement des allées ou laisser des plages non tondues où les plantes sauvages pourront pousser et qui seront le refuge de nombreux insectes. Il n’y a pas mieux pour favoriser la biodiversité que de laisser monter une partie de votre pelouse en graines. Ces graines seront consommées par les oiseaux l’hiver et les fleurs seront butinées par les insectes.

Veillez simplement à ne pas laisser de trop grandes étendue de pelouse en un seul bloc (1 m de large suffit amplement) afin de faciliter l’entretien de ces zones non tondues une fois la saison estivale passée.

Éviter la taille des haies pendant les périodes de nidification des oiseaux

Du 15 mars au 31 juillet, la LPO recommande de ne pas tailler les haies de votre jardin. Cela tombe bien car, dans un potager permaculturel, on a beaucoup d’autres choses à faire. D’autant que si vous taillez vos haies durant la période de pousse, vous devrez recommencer au début de l’hiver. Le mieux est de tailler vos haies en octobre. De cette façon, vous disposerez d’une haie taillée tout l’hiver, et vous permettrez aux oiseaux d’exploser leur record de naissance ! De plus, une haie non taillée permet aux jeunes oisillons de s’abriter des prédateurs et des intempéries.

Favoriser la biodiversité des espèces plantées et taillées tardivement est également une option . De cette façon, vous pourrez littéralement entendre les cris des bébés oisillons proche de votre maison. Comme votre haie aura un air un peu plus “sauvage” en été, prévoyez une zone de passage plus large le long afin de ne pas être gêné lors de vos déplacements .

Dans les espaces fort anthropisés, introduire des éléments favorisant la biodiversité

La présence d’une zone de détente dans votre jardin n’est pas incompatible avec la présence d’insectes ou d’oiseaux. Le bourdonnement d’une zone de plantes mellifère est même très agréable et relaxant pour l’esprit.

Pourquoi ne pas rapprocher les zones dédiés aux animaux de votre habitation ?

Chez nous les nichoirs sont proches des terrasses, la mare naturelle également , et les animaux ne s’en plaignent pas.

parterre de fleurs pour favoriser la biodiversité
Un parterre ornemental mellifère proche de la terrasse.
  • Favorisez les fleurs mellifères dans les parterres ornementaux
  • Installer nichoirs et mangeoires pour les oiseaux
  • Créer des abris pour les insectes (tas de bois, de végétaux, hôtel à insectes,…)

Créer une mare ou des points d’eau pour favoriser la biodiversité

La mare est un élément central d’un jardin permaculturel. Elle participe à la canalisation de l’eau dans le système, pour vous et pour tous les animaux du jardin. Elle est un écosystème en soi plein de vie et qui accueille de nombreux auxiliaires utiles.

mare naturelle permettant de favoriser la biodiversité
mare naturelle

Si vous n’avez qu’un tout petit espace et que vous ne pouvez pas créer de mare, pensez à mettre de plus petits points d’eau (bassine avec bois flottant pour les insectes) et même avec quelques plantes que vous placez dans la bassine en les laissant en pot). Vous pouvez lire ici notre article sur la création de mare naturelle au jardin .

Créer des corridors entre les zones fortement anthropisées et des zones sauvages

corridor écologique pour favoriser la biodiversité
la haie du fond crée le lien entre la zone sauvage sur la gauche et le jardin plus traditionnel sur la droite de la photo ( hors champ).

Ce point est peut-être plus adapté pour les grands terrains. Il s’agit de créer des couloirs de circulation pour les différentes espèces entre différentes zones du jardin : haies, fourrés, zones d’ herbes hautes, fossé ou petit ru, etc …

Pailler le sol pour accueillir la biodiversité

  • Le paillage du sol fournit le gîte et le couvert à toute la microfaune qui vit dans le sol. Non seulement cette microfaune participe à la fertilité du sol mais elle représente elle-même une source de nourriture pour d’autres animaux et notamment, les oiseaux.
  • Le paillage fournit également un refuge pour de plus grands animaux comme les crapauds par exemple
  • l’apport de matière carbonée favorise le développement des champignons dont se nourrissent une partie non négligeable des habitants du jardin.

Laisser du bois mort, des tas de feuilles mortes et des pierres

Des tas de bois morts ou des tas de feuilles mortes offrent un refuge pour de nombreux animaux (amphibiens, hérissons, voir notre article sur comment attirer les hérissons au jardin …). Le bois mort permet de favoriser la biodiversité en permettant le développement des champignons.

Vous pouvez également opter pour des structures plus esthétiques :

  • un mur ou une bordure de pierres sèches
  • construire un andin, qui, en plus d’être un refuge, offre une protection contre le vent

Favoriser les microclimats

Un microclimat est une zone du jardin où les conditions de vie (structure du sol, température, humidité,etc …) sont différentes de l’ensemble des conditions du jardin.

microclimat au jardin.
La mare et le mur plein sud favorisent la pousse de la vigne et la présence d’oiseaux qui se délectent des fruits non récoltés dés le début de l’automne.

Par exemple : un mur exposé plein sud, une zone plus humide, un bord de fossé, etc …

Les microclimats sont autant d’habitats différents pouvant accueillir une diversité d’animaux et ainsi augmenter les interactions possibles entre les différents éléments du milieu.

Favoriser les effets de bordure

effet de bordure pour favoriser la biodiversité
Les plantes sauvages laissées en grappe le long du petit canal créent une large zone de fleurs proche d’un point d’eau et des cultures sur la gauche. La proximité de l’eau et des fleurs crée une explosion de biodiversité.

Un effet de bordure signifie que c’est à la jonction entre deux milieux différents qu’il y a le plus de biodiversité.

Par exemple : la lisière d’une clairière de forêt. A la jonction entre l’écosystème “forêt” et l’écosystème “clairière”, il y a tout un petit monde grouillant de vie.

Il y a aussi les bords de mare ou de fossés, les bords de sentier, etc…

Voilà pour nos meilleures astuces pour favoriser la biodiversité. Il n’y a plus qu’à maintenant … Le plus important c’est d’agir, de planter, de construire, d’arrêter les mauvaises pratiques pour les remplacer par de bonnes pratiques. Et puis un jour, la récompense arrive : il ne reste plus qu’une seule chose à faire : contempler

Xavier et Eve Anne de PermacultureMania


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    6 replies to "Favoriser la biodiversité au potager : 13 astuces"

    • Traitement Hashimoto

      de beaux principes dont on devrait s’inspirer à tout niveau de la société

    • Nicolas ROZALSKI

      Top ! je n’avais pas pensé au plante avec différente floraison ! 🙂

    • Cherazade

      Merci pr cet article très motivant sur les bonnes Astuces à pratiquer dès aujourd’hui ! 🙂

    • Sandy D.

      Merci pour ce partage. Je ne connaissais pas l’effet de bordure. Et j’avoue ne pas penser aux dates de floraison pour aider les pollinisateurs. Super intéressant.

      • Xavier de permamania

        Merci. L’effet de bordure est l’un des trucs les plus important lors de l’aménagement d’un terrain, il suffit d’observer la lisière d’un petit bois et de constater : 1 l’étagement des plantes en fonction de la lumière 2 : la diversité des plantes par étage de végétation. Le cocktail parfait pour fournir le gite et le couvert à la faune tellemement nécessaire à l’équilibre de notre environnement et de nos jardins.

    • […] très bon marché OU tout simplement du bois local à croissance rapide de type peuplier ou saule ou encore avec du bois de palettes. Pas besoin de bois durs, de chênes ou autres bois onéreux et […]

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